
Réalisé par Paul Thomas Anderson
Avec Daniel Day Lewis, Paul Dano, Dillon Freasier...
Durée : 2h38
Genre: Drame
Lorsque Daniel Plainview entend parler d'une petite ville de Californie où l'on dit qu'un océan de pétrole coulerait littéralement du sol, il décide d'aller tenter sa chance et part avec son fils H.W. à Little Boston. Dans cet endroit perdu où chacun lutte pour survivre et où l'unique distraction est l'église animée par le charismatique prêtre Eli Sunday, Plainview et son fils voient le sort leur sourire.
Même si le pétrole comble leurs attentes et fait leur fortune, plus rien ne sera comme avant : les tensions s'intensifient, les conflits éclatent et les valeurs humaines comme l'amour, l'espoir, le sens de la communauté, les croyances, l'ambition et même les liens entre père et fils sont mis en péril par la corruption, la trahison... Et le pétrole.
Après son der nier film Punch
Drunk-love, le réalisateur Paul Thomas Anderson, à 37 ans, confirme son
statut de visionnaire du cinéma indépendant US et l’obsession du réalisateur
par les relations toxiques père fils.
PTA nous raconte la montée
d’un mania du pétrole parti de rien et arrivé à la tête d’une des plus grosses
industries pétrolière…
Dés le premier plan, si rappelez
vous, celui avec les trois collines, quand la note de musique commence à monter
avec une intensité croissante résume le sentiment que l’on a du film, c’est
comme une accélération du sang dans les oreilles. On sait tout de suite qu’il
n’y a plus de d’espoir et que l’on va être embarqué dans l’histoire et dans la
décente aux enfers de Planiview…
Dans sa monté, rien ne semble
arrêter Daniel Plainview. Le seul véritable obstacle qui pourrait fragiliser et
remettre en question sa puissance c’est lui-même. Sa façon d’être suffit à le
couper de l’humanité, du moins à provoquer la méfiance et un peu de haine. En
plus d’être monstrueux, son style de vie implique une grande part de trahison,
envers lui-même autant qu’envers tous ceux qui baratine pour leur soutirer
leurs économies ou leurs terres…La misanthropie de Plainview trouve
principalement sa source dans une forme de haine de lui-même et dans son besoin
de prouver à tout bout de champ que l’humanité est plus basse que terre.
Ainsi même son fils, HW,
auquel il semblait tant s’attacher va devenir un fardeau pour Daniel suite à sa
perte de l’ouïe, mais c’est surtout le jeune Eli, interprété par le formidable
Paul Dano qui joue le rôle évangéliste qui prêche pour sa paroisse et chasse
les démons.
Ce film est un combat contre
le capitalisme, un combat entre la foie et le profit mais surtout un combat
entre le mal et le mal.

C’est ainsi que les zones
d’ombres viennent accentuer ce côté de l’enfer où Daniel est en train de
dégringoler. Ainsi même le pétrole est filmé comme une force noire venant tout
droit de l’enfer et jaillissant sur terre causant le malheur.
Le pétrole qui est filmé
comme étant la cause de ce cauchemar éveillé puisque c’est lui qui va causer le
mal, à savoir la perte de l’ouïe à HW, qui va alors plonger Daniel dans une
dépression, n’ayant plus de lien affectif avec le monde. Le pétrole qui est
aussi la cause de ce « duel » entre Eli, le prêcheur et Plainview qui
promettra de l’argent qui ne donnera pas.
Le film est esthétisé par ce
noir du pétrole et les diverses zones d’ombres du film. Paul Thomas Anderson
vient alors comme brouiller tous repères que le spectateur pourrait avoir ainsi
on ne sait pas vraiment qui est Paul, le frère d’Eli, ou son double schizophrène ?
Pourquoi Daniel ne savait-il pas qu’il avait un frère, et pourquoi avoir cacher
si longtemps à HW qu’il n’était pas son vrai père ?
L’apocalypse selon Paul
Thomas Anderson, outre des désastre matériels (L’explosion spectaculaire d’un
derrick d’une terrifiante beauté, fait subrepticement basculer la fresque dans
l’horreur), comme la scène ou le pétrole s’enflamme, c’est un véritable
désastre psychologique que vont subir les personnages tout au long du film.
Oublié les personnages
attachants, le spectateur est déséquilibré, coupé de tous repères et tombe avec Daniel dans sa
dépression.

On peut également noter tout
au long du film le chassé croisé entre Daniel interprété par le magistral
Daniel Day Lewis bouleversant (d’ailleurs primé aux Oscars) et Eli interprété
par le gamin de Little Miss Sunshine complètement hors de lui. Ils se
rendent l’appareil à chaque scène jusqu’à la scène final ou Daniel met fin à
cette course dans un affrontement final se transforme en une véritable scène
transe tragi-comique entre les deux acteurs…Somptueusement noir !
Avec Daniel Day-Lewis, Paul Dano, Dillon Freasier, ...
Année de production : 2007



























